John et Silva Reid Reid
John Reid (1916–1992) et Sylvia Reid (née en 1929) comptent parmi les figures majeures du design britannique de l’après-guerre. Architectes et designers, ils formèrent l’un des duos les plus cohérents et prolifiques de leur génération, travaillant exclusivement en collaboration tout au long de leur carrière.
Ils se rencontrent au Regent Street Polytechnic à Londres au début de la Seconde Guerre mondiale. En 1948, ils fondent leur agence, John & Sylvia Reid, installée dans un appartement londonien. Sylvia Reid débute parallèlement chez les architectes modernistes Maxwell Fry et Jane Drew, avant que le couple ne participe aux grands élans créatifs de la reconstruction britannique, notamment dans le contexte du Festival of Britain.
Leur travail s’inscrit pleinement dans l’optimisme moderniste des années 1950 et 1960. Ils conçoivent du mobilier pour le fabricant britannique Stag, participant à démocratiser un design fonctionnel et élégant destiné aux intérieurs contemporains. Parallèlement, leurs luminaires édités par Rotaflex — notamment leurs suspensions aux formes sculpturales et diffusantes — deviennent emblématiques du modernisme britannique.
Leur production dépasse largement le mobilier et l’éclairage. Récompensés par trois médailles à la Triennale de Milanet quatre Design Council Awards, ils développent également des objets en fonte pour Izons, aujourd’hui conservés au Victoria and Albert Museum. Leur travail est régulièrement publié dans la presse spécialisée, notamment dans Design Magazine.
En 1967, ils signent l’identité visuelle du NICEIC (National Inspection Council for Electrical Installation Contracting). Ce logo, toujours utilisé aujourd’hui, constitue un exemple remarquable de pérennité graphique.
Leur philosophie repose sur une conception rationnelle et accessible du design. John Reid résumait leur approche comme « le produit d’une pensée logique répondant aux besoins du monde contemporain », privilégiant l’usage intelligent des matériaux et la clarté fonctionnelle.
À partir de 1961, le couple entretient un lien étroit avec la Cornouailles, où Sylvia s’installe définitivement après le décès de John en 1992

