Les Fers de Léopold Gest

31 mars — 30 avril 2026
31 rue de Seine, 75006 Paris

La galerie est heureuse de présenter pour la première fois le travail de Léopold Gest. Réunissant plus d’une cinquantaine de pièces uniques datant des années 1960 et 1970, cet ensemble met en lumière la singularité d’un artiste dont l’œuvre explore avec finesse les possibilités du fer. Miroirs, lampes et bougeoirs composent un corpus où chaque création, façonnée à la main, se distingue comme une pièce unique. Une sélection d’œuvres de l'artiste sera également  présenté au PAD Paris, du 8 au 12 avril 2026. 

Né en 1938 à Calais (Pas-de-Calais), Léopold Gest est un artiste et créateur français autodidacte dont le parcours se situe à la croisée de la sculpture, du design et de l’objet fonctionnel. Il s’installe à la fin des années 1960 à Saint-Rémy-de-Provence, territoire dont la culture et le paysage marqueront durablement son œuvre. Très tôt attiré par les arts plastiques et l’art contemporain, il développe une pratique singulière fondée sur un rapport direct à la matière, en particulier au métal, qu’il manipule, transforme et patine pour en révéler la force expressive.

En 1971, Léopold Gest fonde, avec son épouse Noëlla, la galerie Noëlla Gest à Saint-Rémy-de-Provence. Très rapidement, cette galerie s’impose comme l’un des lieux importants de l’art contemporain dans le sud de la France. L’exposition inaugurale est consacrée à Mario Prassinos, dont l’amitié jouera un rôle déterminant dans le développement de la galerie. Sous l’impulsion de Noëlla Gest, galeriste passionnée et engagée, la galerie présente sculptures, peintures, tapisseries et céramiques d’artistes majeurs ou émergents. On y retrouve notamment Costa Coulentianos, Jean Amado, Georges Jeanclos, Anna-Eva Bergman, Hans Hartung, Léon Zack, ainsi que les céramistes Yves Mohy, Elisabeth Joulia et Bernard Dejonghe. La galerie participe aux premières éditions de la FIAC au Grand Palais, contribuant à inscrire cette scène provençale dans un réseau artistique national et international. 

Parallèlement à son activité de galeriste, Léopold Gest développe une œuvre personnelle qui prend forme à la fin des années 1960. Il commence alors à créer ses premiers objets en métal à partir de fragments glanés dans le monde rural : morceaux de charrues, mors de chevaux, bêches et outils agricoles abandonnés. Ces éléments, découpés, recomposés et abrasés selon son intuition, deviennent lampes, bougeoirs, miroirs ou sculptures. Parfois évocations animales, parfois machines imaginaires, ces assemblages proches de l’esprit du ready-made marquent le début d’une recherche où l’acier devient son matériau de prédilection.

Progressivement, Gest dépasse l’objet assemblé pour concevoir un véritable mobilier en métal. Tables, consoles, chauffeuses ou luminaires apparaissent, toujours façonnés dans l’acier qu’il patine ou qu’il laisse volontairement s’oxyder afin d’en révéler la profondeur et la texture. L’artiste privilégie une écriture formelle volontairement dépouillée : lignes nettes, structures essentielles, et une présence presque sculpturale de la matière.

Léopold Gest vît toujours en Provence au milieu des oliviers, de ses sculptures et des oeuvres de Coulentianos et Prassinos, ses amis de toujours.